Une forme de démocratie directe, possible uniquement à l'intérieur de
territoires restreints, se perpétue dans quelques cantons de Suisse
centrale et orientale, dans les districts du canton de Schwyz et dans
les «cercles» des Grisons.
La landsgemeinde est une forme primitive de la démocratie suisse,
unique en son genre dans le monde. Les citoyens qui ont le droit de
vote sont convoqués à une date précise et se rassemblent en plein air
pour élire les membres du gouvernement et les juges ainsi que pour
voter les lois et les dépenses. La première landsgemeinde est recensée
en 1294, soit trois ans après le pacte des Confédérés (serment du
Grütli) de 1291.
Une fois l'an, dans les cantons, quelques milliers d'électeurs se
réunissent en plein air pour la Landsgemeinde, afin d'élire leurs
représentants et de prendre les décisions concernant les affaires de
l'état. Parfois, il n'en va pas sans de violentes discussions,
auxquelles chacun peut prendre part. Le vote a lieu à main levée et des
hommes compétents estiment si la majorité est atteinte ou non. En cas
de doute, il y a comptage.
Selon leur ancienneté, les
Landsgemeinden ont conservé un traditionalisme et un cérémonial
différents suivant les lieux. Ainsi les Appenzellois (les femmes ne
possèdent pas ici le droit de vote sur le plan cantonal, bien qu'elles
l'aient sur le plan fédéral) sont contraints de porter une épée
attestant leur droit de vote.
Glaris permet aux enfants de se
tenir à l'intérieur de l'ovale formé par les participants, afin qu'ils
puissent se familiariser assez tôt avec les droits civiques qui les
attendent. Lors des délibérations, le Landammann (président du
gouvernement cantonal) s'appuie sur le glaive, symbole de sa fonction,
qui lui est remis lors de son arrivée.



0 Commentaires